La Fille sauvage, Jim Fergus

La Fille sauvage, Jim Fergus



La Fille sauvage, Jim Fergus

Titre : La Fille sauvage
Auteur : Jim Fergus
Genre : Historique
Nombre de pages : 443
Éditions : Pocket
Année : 2004
Prix : 7,50 ¤


La Fille sauvage, Jim Fergus

En 1932, au c½ur des territoires vierges de la Sierra Madre, un chasseur de pumas fait une bien étrange capture : celle de la Niña Bronca, jeune femme appartenant à l'une des dernières tribus apaches vivant à l'état "sauvage" dans les montagnes. Exposée aux yeux de tous comme une bête de foire, ligotée à moitié nue sur le sol glacial d'une cellule, elle ne souhaite plus qu'une seule et unique chose : se laisser mourir.
C'est compter sans l'aide miraculeuse de Ned Giles, apprenti photographe qui, accompagné d'une courageuse anthropologue, d'un étudiant dandy et de deux éclaireurs indiens, va braver la mort et les dangers afin de ramener l'envoûtante sauvageonne parmi les siens. Au risque de croiser le chemin du terrifiant Indio Juan, redoutable chef apache dont la barbarie n'a d'égale que sa monstrueuse difformité physique...


La Fille sauvage, Jim Fergus

______Ayant beaucoup entendu parler de cet auteur, notamment par une amie qui m'a chaudement conseillé Mille femmes blanches, ainsi que grâce à la sortie de son nouveau roman, La Vengeance des mères, j'ai voulu me lancer dans la lecture de l'un de ses ouvrages. J'ai trouvé celui-ci en version poche et d'occasion ce qui m'a permis de rapidement me décider. En plus de tout ça, j'ai vraiment envie de découvrir un peu plus la culture apache.


______J'aime la couverture de mon édition, je la trouve simple, c'est une image plutôt « banale », mais que je trouve adaptée à ce genre de roman. On n'est pas dans du fantastique ou de la fantasy, on n'a pas besoin d'une image merveilleuse, ou remplie d'action. Juste une image de cette femme qui m'a intriguée.


______On va suivre principalement deux points de vue différents durant le roman (un peu plus en réalité, mais c'est plus intéressant de découvrir tout ça à la lecture), celui de la niña et celui de Ned Giles, que l'on rencontre plus âgé au début et qui nous raconte un passage de sa vie. J'ai aimé les deux points de vue car cela permet de découvrir l'histoire, les paysages et la culture qu'on nous présente de deux façons différentes, d'un point de vue interne et d'un point de vue extérieur. Cela permet d'afficher un plus grand panorama, et de donner plus d'objectivité au roman.

______Ned Giles est un jeune homme sincère, juste, mais loin du héro parfait de roman. Il est parfois peureux, parfois triste, parfois cruel, même, mais je me suis rapidement sentie proche de lui. Je lui ai trouvé beaucoup de force et de sincérité, et avec, au final, beaucoup de bonté.

______La niña, elle, a un caractère plus « sauvage » dans le sens plus naturel, plus instinctif, et c'est en partie ce qui me plaît chez elle. Elle est moins entravée par toutes les règles de la société, même si sa culture lui en impose également, et paraît plus "libre". Cela permet de découvrir un aspect plus inconnu pour moi de l'Histoire, et j'ai apprécié retrouver les passages où on suivait ses pensées.

______On retrouve également d'autres personnages plus secondaires, mais très riches également, à l'instar de Joseph, Margaret, Tolbert, Indio Juan, mais il est plus intéressant de les découvrir au fur et à mesure de la lecture.


______J'ai aussi adoré découvrir la Sierra Madre et ses paysages sauvages mais splendides, qui apportent une bouffée d'air frais et me donnent envie de voyager. La partie historique aide à comprendre un peu mieux cette culture mais aussi à voir les similitudes qu'il peut exister finalement entre les peuples, aussi différentes leurs cultures soient-elles. J'ai apprécié découvrir le quotidien et les coutumes des tribus rencontrées. C'est bien sûr très différent des nôtres, mais on sent que l'auteur n'est pas là pour juger, et le dépaysement a fonctionné avec moi. Il y a bien entendu des passages plus durs mais qui permettent de nous ancrer dans la réalité, nous ramener sur terre, en quelque sorte. Cela nous rappelle que les conquêtes ne se sont pas faites sans massacres, et qu'on a perdu beaucoup de la richesse de la diversité.


______La plume de l'auteur est vraiment très bonne, elle peut être poétique, parfois acérée, douce à d'autres moments. Il met dans son écriture beaucoup d'émotions. Les parties de la niña étaient très bien racontées, mystérieuses, parcourues de légendes avec une ambiance qui m'a immergée dans l'histoire. Il y a beaucoup de descriptions mais elles sont très bien menées par Jim Fergus, il n'y a pas de lourdeur, c'est très réaliste et surtout visualisable. Je m'y croyais vraiment, j'ai voyagé avec les personnages. Il y a également beaucoup de « clin d'½il » à des situations plus récentes et cela casse le mythe qu'il y a vraiment un côté fait de héros et l'autre de méchants. Il y a du bon et du mauvais d'un côté comme de l'autre.


______En bref, parce que j'ai beaucoup de choses à dire encore sur cette histoire mais que je ne peux pas tout dire sans spoiler, c'est une histoire très intéressante que nous propose l'auteur. Il nous plonge dans un contexte assez sombres de conquêtes et de massacres perpétués des deux côtés, et nous fait découvrir également les beaux côtés de ces deux cultures qui s'opposent mais se ressemblent tant finalement. On voyage dans les paysages sauvages mais magnifiques de la Sierra Madre et l'on suit des personnages à la fois complexes, très intéressants et réalistes. La plume de l'auteur donne de la force à l'histoire et je pense réellement me laisser tenter par un autre livre de cet auteur.

La Fille sauvage, Jim Fergus










La Fille sauvage, Jim Fergus



« Bien des gens retiennent d'une photo son caractère figé, arrêté dans le temps et l'espace. C'est une illusion. L'image photographique incarne un moment spécifique entre ce qui vient d'être et ce qui suit aussitôt, c'est un court instant de vie qui circule sans arrêt entre le passé et l'avenir. »


« Ils me regardent avec méfiance, comme si c'était moi, l'ennemi. Presque tous ont les yeux enfoncés, un air épuisé et perdu. On dirait qu'ils s'excusent de ne pas avoir d'argent, comme s'ils étaient responsables de la débâcle, comme si c'était leur faute si, du jour au lendemain, ils se retrouvaient à la dérive. »


« Cela étant, j'aime autant être un sac à vin, parce que je peux me réveiller le matin et décider d'arrêter de boire. Alors que, vous, m'est avis que vous allez rester un trou du cul jusqu'à la fin de vos jours. »


« « — C'est vrai, confirme Albert. Mon grand-père m'a dit qu'autrefois, les homosexuels, considérés chez nous comme des sorcières, étaient très souvent condamnés à mort.
— Eh bien, vous voyez que nos cultures ne sont pas si différentes, après tout. » Et c'est Tolley qui a eu le dernier mot. »


« Ma propre race, tout comme les Mexicains, assassine les Apaches depuis des siècles. Combien de bébés indiens, per exemple, ont-ils été massacrés par nos soldats ? Seules les atrocités des rebelles sont qualifiées de crimes. Alors que celles des conquérants, qui écrivent les livres d'histoire, sont reconnues comme nécessaires, héroïques même. Pire, elles illustrent une prétendue volonté divine. Quelle différence y a-t-il, en fin de compte, entre les soi-disant civilisés et les barbares ? »


« « D'où viennent-ils tous ? Vous les avez enlevés ?
— Oui, dit le vieil homme, hochant la tête avec un air espiègle. J'ai fait un raid au pays de la Joie et je les ai ramenés. Il y en avait trop là-bas, il en manquait ici.
— Lequel est le mien ? Où est mon fils ? »
Le vieux Joseph sourit et embrasse d'un geste la mer de petites têtes. « Prends celui qui te plaira, dit-il. Il y en a assez pour tout le monde. » »

Tags : Jim Fergus - Historique - Éditions Pocket - Livres - La fille sauvage

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