Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee



Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

Titre : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur
Auteur : Harper Lee
Genre : Roman d'apprentissage
Nombre de pages : 434
Éditions : Le Livre de Poche
Année : 1960
Prix : 6,60 ¤



Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

« Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. »


Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

              J'ai beaucoup entendu parler de ce livre et de cette auteure, dont on retrouve des citations dans beaucoup d'½uvres (Chroniques des Enchanteurs de Kami Garcia et Margaret Stohl, La Couleur des sentiments de Kathryn Stockett, Les Frères Scott, etc.). De plus, étant un classique de la littérature américaine, j'avais vraiment envie de me faire mon propre avis dessus. Si ce n'est pas un coup de c½ur à proprement parler, cela reste une très bonne découverte, et ce livre mérite amplement d'être lu.

            La couverture de ma version est simple, c'est la photographie d'une fillette à l'air un peu espiègle et « garçon manqué », qu'on soupçonne représenter la jeune narratrice, Scout. Elle me plait pour sa simplicité.

            Le titre, quant à lui, interpelle franchement. Il est original et déjà intrigue. Parce qu'on parle de cette espèce dans Hunger Games, il me fait sourire autant que grimacer. Et ce titre trouve sa parfaite – et très profonde – explication au cours du récit.

            Harper Lee signe là un roman d'apprentissage, traitant de sujets intemporels tels que la place de la femme dans la société, la différence entre les individus, le racisme, le passage à l'adolescence, l'enfance, la famille... Et ce à travers les yeux « naïfs », neufs, intacts, d'une enfant, Scout. Dans cette histoire, qui pourrait parfaitement être réelle, ce n'est pas l'action qui donne son rythme au récit, mais l'évolution et les choix de Scout et de son entourage. Elle apprend à comprendre le monde, ou au contraire montre son incompréhension face aux événements. Son point de vue non affecté par des préjugés donne un avantage au récit : le lecteur n'est pas de parti pris. Il a le choix de penser ce qu'il veut, de réfléchir à ce que nous expose l'auteur. Mais l'action ne nous manque pas, au contraire, on va fixer notre attention sur les personnages et leur psychologie. Ce n'est pas un page-turner dans le sens où aucun suspens haletant ou aucune aventure rocambolesque (quoique...) ne nous pousse à poursuivre le récit, mais il n'en est pas moins captivant. On apprend doucement à connaître chaque membre de la famille de Scout, chaque voisin. On s'imprègne de sa façon de voir les choses et on s'attache à elle. Du coup, on apprécie l'évolution de sa pensée, et la liberté de celle-ci. Je trouve que Harper Lee a bien réussi à cerner les contrariétés de l'âge de Scout, ses quelques crises de colère et parfois son incompréhension de certains événements. J'aime sa façon simple et juste de penser, si caractéristique des enfants. Parfois, elle nous fait sourire par sa naïveté ou son courage, parfois elle nous fait pleurer par sa fragilité cachée. Et souvent, elle nous surprend avec une réflexion que bien des personnes supposées matures n'arrivent pas à saisir.

            Il y a beaucoup de personnages dont j'aimerais parler, car chacun est complet et intéressant à sa manière, mais je vais me contenter d'Atticus, le père de Scout. Si vous l'avez lu et souhaitez échanger sur d'autres protagonistes, n'hésitez pas !

            La mentalité d'Atticus m'a plu dès le départ, c'est un personnage que j'admire beaucoup pour le respect qu'il témoigne à chacun. En plein Sud ségrégationniste, dans un petit village de campagne, être différent n'est jamais bien vu par la société. Mais Atticus, lui, affirme que chacun a le droit de vivre comme il le veut, et que tous méritent les mêmes chances. Quand il accepte de défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche, il ne le fait pas pour faire étalage de son courage, mais ce qu'il fait ce qu'il pense juste. Même si cela va contre l'opinion de la majorité, même s'il reçoit des menaces et de l'incompréhension en retour. Et c'est en partie ça, son vrai courage, selon moi. La plupart de ses interventions méritent d'être lues et exploitées, car elles regorgent de sagesse et de leçons de tolérance. Atticus fait partie de ces personnages qui nous marquent profondément, pour toujours. Tout comme sa fille, Scout, d'ailleurs.

            Je ne peux pas parler de l'histoire à proprement parler, car on suit plusieurs années la vie de Scout, et chaque événement est différent et intéressant, marquant. Harper Lee a une plume formidable accessible et travaillée à la fois, précise et légère en même temps. Elle sait attendre le bon moment pour que telle ou telle remarque sorte et capte le mieux l'attention du lecteur. C'est son seul roman, et je le regrette un peu car j'aurais aimé découvrir un peu plus sa plume.

            En bref, si ce livre ne prend pas aux tripes par l'action ou le suspens, il le fait par la psychologie travaillée des personnages, leur évolution et leurs discours. Je n'hésiterais pas à le recommander encore et encore, et à un public très large, car je trouve qu'il fait partie de ces romans qui devraient être lus au moins une fois dans une vie. Je regrette de ne pas l'avoir étudié en cours, car il y a vraiment matière à réfléchir et discuter, et ce sur des thèmes variés et importants, universels. 
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee










Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper Lee

« Parfois, la Bible est plus dangereuse entre les mains d'un homme qu'une bouteille de whisky entre celles de ton père. »


« Ce n'est pas parce qu'on est battu d'avance qu'il ne faut pas essayer de gagner. »


« La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l'individu. »


« Le courage, c'est savoir que tu pars battu, mais d'agir quand même sans s'arrêter. »


« Ils n'appartiennent à aucune communauté. Les gens de couleur n'en veulent pas parce qu'ils sont à moitié blancs ; les Blancs n'en veulent pas parce qu'ils sont de couleur ; alors ils sont entre les deux, c'est-à-dire nulle part. »


« Mais cette vérité s'applique au genre humain dans son ensemble, pas à une race en particulier. »


« La seule chose que je puisse faire en ce monde, compte tenu de ce que sont les gens, c'est rire. »


« En grandissant, tu verras des Blancs tromper des Noirs tous les jours de ta vie, alors n'oublie pas ce que je vais te dire : lorsqu'un homme Blanc se comporte ainsi avec un Noir, quels que soient son nom, ses origines et sa fortune, cet homme blanc est une ordure. »


« Non, Jem, moi je pense qu'il y a qu'une sorte de gens, les gens. »


« S'il y a qu'une seule sorte de gens, pourquoi n'arrivent-ils pas à s'entendre ? S'ils se ressemblent, pourquoi passent-ils leur temps à se mépriser les uns les autres ? [...] Je crois que je commence à comprendre pourquoi Boo Radley est resté enfermé tout ce temps. C'est parce qu'il n'a pas envie de sortir. »


« Jem, comment peut-on tellement détester Hitler si c'est pour se montrer odieux avec les gens de son pays ? »


« Harper Lee décrit simplement des actes, des gestes, des sentiments souvent complexes ou troubles. Elle laisse entendre, elle suggère plus qu'elle ne montre. Pour cela, elle recourt, mais de manière si subtile qu'on ne peut pas le voir, au symbole ou à la métaphore, voire au mythe. »
Isabelle Hausser, postface.

Tags : Harper Lee - Livres - Roman d'apprentissage - Le Livre de Poche - Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

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