L'Agent secret, Graham Greene

L'Agent secret, Graham Greene


L'Agent secret, Graham Greene

Titre : L'Agent Secret 
Auteur : Graham Greene 
Genre : Espionnage 
Nombre de pages : 252 
Éditions : Bibliothèque du Temps Présent 
Année : 1939 
Prix : 5,00 ¤ (amazon) 

L'Agent secret, Graham Greene

(par moi)
 
D. est un agent secret envoyé en Angleterre par son gouvernement alors que son pays est en guerre. Veuf depuis la mise à mort par erreur de sa femme, il sait ne pouvoir faire confiance qu'à lui-même dans ce monde d'escrocs et d'opportunistes. Il va voyager à travers le pays, bravant les épreuves qui seront mises en travers de sa route afin de mener à bien sa mission : rapporter du charbon à son pays. Mais pourra-t-il faire confiance à ceux dont il croisera le chemin ? Est-il réellement en mesure de réussir ce qu'il a entrepris ? Est-il vrai que la guerre a fait disparaître tout sentiment en lui ?



L'Agent secret, Graham Greene

_____J'ai choisi ce livre par pur hasard, et je n'en suis pas du tout déçue. Un carton de vieux bouquin traînait dans une des chambres de chez ma grand-mère, et comme j'avais envie de lire quelque chose, j'y ai plongé la main et en ai retiré ce livre : L'Agent Secret de Graham Greene. Couverture rigide et rouge avec des arabesques dorées, il m'a de suite intriguée de par son apparence mystérieuse et son titre évocateur. Sans plus attendre, j'ai tourné les pages et ait découvert une histoire très prenante.


_____Comme c'est un livre « ancien », il n'y avait pas de résumé en quatrième de couverture, et j'ai donc du en créer un, qui n'est pas forcément très bon mais qui présente en gros l'intrigue. Un homme, D., qui d'ailleurs est d'autant plus mystérieux qu'on ne sait de lui que cette initiale, est agent secret. Il a été envoyé par son parti en Angleterre afin de négocier un chargement de charbon qui ferait pencher la guerre en leur faveur et l'amènerait à se terminer. Sauf que sur le bateau qui l'emmène sur l'île, il croise un autre agent secret, L., qui appartient au parti ennemi. S'ensuit alors une sorte de périple à travers l'Angleterre afin d'échapper à cet homme et arriver avant lui au lieu de rencontre avec Lord Benditch, l'homme avec lequel il doit signer le contrat du charbon. Pendant sa quête, il rencontrera la jeune Rose Cullen, fille de Lord Benditch, un peu rebelle et impulsive, Else, une jeune servante qu'il tentera d'aider, ainsi que divers personnages qui l'aideront ou tenteront de lui barrer le chemin.


_____D. apparaît comme un homme détruit par la guerre : il a perdu sa femme qui a été fusillée à cause d'une erreur d'identification, a passé plusieurs jours sous les décombres d'une maison après un bombardement. Il est constamment sur ses gardes, ne fait confiance qu'à lui-même, et pour cause, il se fera agresser un certain nombre de fois et sera trahi par des membres de son propre parti. Il a une vision très funeste de la guerre, mais également de la vie. Il affirme ne plus pouvoir ressentir quoi que ce soit depuis la mort de sa femme, sauf la peur, mais on voit qu'il s'attache tout de même à certains personnages. Cette évolution de cet homme brisé était très intéressante à suivre, en plus de l'histoire en elle-même.

_____Le personnage secondaire que j'ai le plus apprécié était Else. Elle était naïve et confiante, mais elle a aidé D. plusieurs fois, au risque de s'attirer elle-même des ennuis. J'ai eu beaucoup de peine pour elle, pour la vie qu'elle menait, et l'auteur, à travers D., la décrit justement, sans trop verser dans le mélodrame, en restant dans le vrai, le sincère.

_____Rose Cullen a toujours été un mystère pour moi. Je n'ai pas réussi à savoir si je l'appréciai vraiment, si son intrépidité me plaisait ou m'agaçait. J'imagine que c'était un peu les deux, selon le moment. Elle pouvait avoir des réflexions de petite fille trop gâtée, puis sortir une phrase très juste et bouleversante. Jusqu'à la toute fin je n'ai pas pu me faire une idée fixe sur elle, et dans un sens c'est ce qui m'a plu dans ce personnage.


_____La partie « espionnage », « thriller », est plutôt bien menée. J'ai eu peur à certains moments, ai retenu mon souffle en attendant de voir si D. allait oui ou non s'en sortir. J'ai aussi grogné de frustration par moments, eu la larme à l'½il à d'autre. Malgré quelques longueurs à cause de rebondissements trop redondants pour moi, j'ai eu du mal à lâcher le livre car mon esprit revenait sans cesse à une déclaration de D. J'ai d'ailleurs retenu pas mal de citation de ce livre, et cela montre que l'auteur a su capter mon intérêt et le garder.


_____En résumé, même s'il date un peu, c'est un livre que je recommande si vous aimez les livres d'espionnages qui ne sont pas trop violents et qui comportent des réflexion sur la guerre et la vie après la guerre.
L'Agent secret, Graham Greene




 



L'Agent secret, Graham Greene

"Le danger faisait partie de lui-même. Ce n'était pas un pardessus qu'on peut laisser à la maison, c'était sa propre peau."

"Vous ne pouvez être sûr que de vous-même, et par moments vous vous demandez si après tout vous n'avez pas tort d'en être sûr."

"Il faut être capable de sentir pour arrêter une guerre. Je pense quelques fois que nous nous y raccrochons parce qu'il nous reste la peur. Si nous cessions de sentir cela, nous n'aurions plus la moindre sensibilité. Aucun de nous ne pourra jouir de la paix."

"Il transportait la guerre dans son c½ur."

"Dans une vie heureuse, la déception finale que vous cause la nature humaine coïncide avec la mort. De nos jours, les gens doivent se débrouiller pour vivre toute une vie ayant connu cette déception."

"Il avait imaginé que la méfiance, qui était l'atmosphère même de sa vie, venait de la guerre civile, mais il commençait à croire qu'elle existait partout : elle faisait partie de la vie humaine."

"Les poètes du XVIIIème siècle écrivent qu'on peut donner son c½ur à tout jamais. Ce n'est pas vrai selon les psychologues modernes, mais l'on peut avoir tant de chagrin et tant de désespoir qu'on se rétracte devant la possibilité de sentir une fois de plus."

"On ne peut pas rester enseveli pendant cinquante-six heures sous une maison bombardée et croire encore, quand on en sort, que la violence n'existe pas."

"L'on ne peut échapper à une guerre en changeant de pays. L'on ne fait que changer de technique : les poings au lieu des bombes, le mouchard chapardeur remplaçant les tirs d'artillerie."


Tags : L'Agent Secret - Graham Greene - Editions Bibliothèque du Temps Présent - Espionnage - Livres

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